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Alea jacta est

 
Post new topic   Reply to topic    If I was a jedi ... Forum Index » Commenor : PARTIE RP » Zones d'habitations » Quartiers populaires Previous topic :: Next topic  
Alea jacta est
 PostPosted: Tue 14 Aug - 18:35 Reply with quote  
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  Eivind
Neutre


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Joined: 13 Aug 2007
Posts: 32
Sexe: Masculin
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Race: humaine
Alignement: Neutre
Point(s): 12
Moyenne de points: 0.38

La batisse était identique aux dizaines d'autres qui l'entouraient. S'élevant sur deux étages, elle formait un carré grossier encastrée dans les batiments adjacents. Aux différents étages, on pouvait voir plusieurs fenêtres toutes obstruées par des rideaux miteux derrière lesquels de nombreuses ombres se muaient. Les carreaux des dites fenêtres étaient pour la plupart brisés et laissaient echapper de nombreux gémissements dont l'origine n'était pas tout le temps clairement définie. Le rez de chaussée était surplombé par une enseigne dont au moins la moitié des ampoules étaient grillées et qui semblait vouloir écrire quelque chose comme : « Les gorges profondes ». Une porte massive occupaient le centre de la façade entourée par deux ouvertures condamnées par des planches. Ce batîment était, jadis, une taverne qui avait été vendue à l'actuelle propriétaire qui l'avait transformé en bordel.


Sur le parvis, adossées contre le mur, se tenait trois femmes légèrement vêtues. Leurs apparâts laissaient entrevoir leurs formes généreuses et leurs maquillages étaient pour le moins aguicheurs. Personne ne s'y trompait, ces tentatrices n'avaient qu'un but : anemer des hommes un peu déçu par leur activitée sexuelle à l'intérieur de leur lieu de travail. Cela marchait d'ailleurs plutôt bien, à en juger par les allés-retours incessants entre l'extérieur et l'intérieur de la bâtisse. Si l'on restait pour observer, on verrait qu'une fille ne restait pas plus d'une demie-heure seule à l'extérieur, elle n'avait du reste pas trop le choix. En effet, si la dite fille n'avait pas trouvé d'homme pour l'accompagner à l'intérieur, l'homme qui les surveillait, s'approchait et la reconduisait vers la porte pour qu'une autre fille la remplace. Cet établissement était une véritable usine, plus il y avait de passes, plus le chiffre d'affaire était important. En aucun cas, l'épuisement était un motif pour qu'une des prostituées aille se reposer. Tant qu'elle tenait debout, elle était apte à satisfaire les besoins de ses éventuels clients.


Le grand machiniste de ce mécanique, n'était d'autre qu'Eivind, personne éminante de ce quartier. Admiré ou détesté pour ce qu'il avait réussi à faire, il ne laissait personne indifférent. De jour comme de nuit, il se tenait là, devant son bordel, entouré par ses deux gorilles afin d'avoir toujours un oeil sur ses filles. Ses excès d'humeurs avaient très vite fait le tour du quartier et les nombreuses victimes de sa colère avaient vite légitimé ses rumeurs. Peu nombreux étaient les personnes à oser s'opposer à lui de telle manière qu'il devint vite « l'administrateur » des quelques rues qui entouraient son affaire. Rien ne se faisait sans son accord et toute conspiration contre lui était réprimée dans le sang. Certains voyaient en lui le mal personnifié, mais quelque soit l'opinion qu'on pouvait avoir de lui, l'une de nos principales préoccupations était de ne jamais avoir à faire à sa canne, ni d'avoir à croiser son regard quand il était hors de lui.


En cette froide journée, rien ne semblait vouloir réfuter cette règle à présent bien établie. A l'intérieur du flot innintérompu de personnes qui passaient devant l'établissement d'Eivind peu de gens osaient lever les yeux sur lui. Uniquement par crainte que celui-ci ne les voit et interprête mal ce regard futil. Ceux qui étaient assez téméraires pour oser le dévisager purent le voir entouré de ses deux gardes du corps et en grand conversation avec un homme vouté dégoulinant de sueur. La foule présente empêchait quiconque d'entendre ce qui se disait mais l'attitude de l'interlocuteur d'Eivind renseignait beaucoup sur la nature de la conversation, l'homme devait avoir faillit dans une tache que le maître des lieux lui avait confier et il était sur le point d'affronter son courroux.


En une fraction de seconde, les deux gorilles s'emparêrent de l'homme par les épaules le forçant à rester immobile pendant qu'Eivind prennant un air faussement songeur, le dévisageait. A cet instant, il paraissait totalement calme, respirant calmement, un cigare à moitié consummé pendu à ses lèvres. Son corps était penché en direction de son interlocuteur de façon à ce que l'intégralité de son poids soit appliqué sur la canne que ses deux mains tenaient fermement. Ses lèvres vibrêrent et ses gardes du corps forcèrent l'homme à s'agenouiller devant son commanditaire. Celui ci tremblait de tout son corps, les yeux équarquillés, incapable de détacher les yeux de l'être qui lui faisait face. C


C'est alors que le coup parti, sans qu'aucune sommonce ne soit prononcer, le pommeau de la canne heurta la joue droite de l'homme qui laissa echapper un gémissement, les yeux rivés sur le sol. Le visage d'Eivind était à présent totalement déformé par la colère, une veine saillante battait vivement sur sa tampe et sa repiration était courte et très irrégulière. Il était véritablement hors de lui, son cigare se détacha de ses lèvres lorsqu'elles s'entrouvrirent et vint heurter le sol dans la plus grande indifférence. Le proxénète hurla, déversant toute sa colère sur le pauvre bougre acculé en face de lui. Le mouvement des passants s'acceléra comme si personne ne voulait être témoin de la scène. Suite au mouvement de foule des cris s'élevèrent suivis de bruits d'os brisés, quelqu'un était peut être mort, mais personne ne s'en souciait. Il fallait déguerpir d'ici au plus vite, c'était chacun pour soi et la santé des autres était devenue secondaire.


En quelques secondes, la deventure de l'établissement fut vide et un silence pesant s'installa. L'homme restait donc seul, entravé, face à son bourreau. A cet instant, plus aucun espoir ne devait l'animer, il savait que sa fin était proche. Il allait mourir ici, seul. Son agonie promettait d'être longue et douloureuse. Il en était conscient ; lorsque la canne s'éleva à nouveau, il ferma les yeux, roula les épaules et pria pour que quelqu'un s'interpose.





Alea jacta est
 PostPosted: Fri 17 Aug - 12:35 Reply with quote  
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  Kathleenne
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Joined: 14 Aug 2007
Posts: 4
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« { Oh mon papa, ou est « Il » ? Tu sais que nous n’avons pas le droit d’être là pourtant … } »

Une silhouette parfaitement filiforme sortit d’une ruelle tout aussi délabrée que les bâtisses attenantes en se frayant un chemin parmi la foule grouillante s’éparpillant au quatre coins de la rue. Quelques cris de frayeurs, des gémissements de douleur, ou encore des grognements de rages s’élevaient contre le crépit des pierres, transformant le tout en un son de clameur assourdissant mais aussi apeurant : une masse poussée à la folie courant hors d’haleine en piétinant sauvagement les corps de malheureux, tombés durant leur course désespérée.

La frêle petite personne, munie d’un ossuaire crânien qu’elle tenait à bout de bras, le vide des orbites tourné vers un visage dont on ne devinait pour le moment que la couleur blême de la carnation, tentait d’éviter les mouvements de foule, s’apparentant aux vagues d’une mer particulièrement agité et grondante, se collant parfois le long d’un mur afin de laisser passer le plus de monde possible sans subir le moindre préjudice physique. Sans discontinuité, de douces paroles à la voix glacée, dotée d’intonations éthérées s’échappaient d’entre les lèvres invisibles de ce que l’on devinait être une femme, de part la grâce dérangeante mais aussi envoûtante que son corps en mouvement dégageait, mais aussi par cette voix que, bien que éthérée, dénotait des notes féminines parfaitement reconnaissables.

Ses épaules se voûtèrent lorsqu’elle fut poussée par un mâle d’une espèce qu’elle n’avait eu le temps d’identifier, maintenant à terre, elle s’enroula contre elle-même, protégeant la boîte crânienne au creux de son ventre. Seul un petit cri étouffé de frayeur était ressortir de sa chute, le bruit de son corps s’effondrant ayant été recouvert par des bruits de canne mordant la chair d’un malheureux ainsi que la plainte du supplice enduré par ce dernier, tétanisée, son corps effectua quelques mouvements de balancier comme si elle eu bercé un enfant, accompagnant de ce simple mouvement par une mélopée mortuaire, résonnant tel le glas funèbre au dessus de cet amas de pauvreté insalubre et de cette souffrance malsaine. Plusieurs longues minutes de pure angoisse la tinrent dans cette même attitude, la plongeant dans une bulle protectrice qu’elle s’efforçait de conserver, seule avec son crâne, elle ne s’en sentait que plus forte, bien que fragile et aussi douloureuse : quelques autres personnes ne se privant pas de la pousser au passage, provoquant un regain d’une complainte faisant frissonner quiconque l’ouïssait.

Lorsqu’elle ne ressentit plus aucune secousse agiter son corps, timidement, sa tête se redressa afin d’observer la rue quasiment dépourvu d’intelligence humaine maintenant, seul quelques vermines risquaient encore le bout de lors museau, protégé par une poubelle, lieux d’habitats prospère aux immondices accumulatrices dotée des effluves écoeurantes, preuve de la déchéance de toute chose éphémère. Son châle avait été emporté par un troisième fuyard, dégageant quelques parcelles de peau, comme son visage aux traits d’une finesse qui aurait pu la rendre particulièrement belle, si ce brin de folie évasive ne s’était pas glissé dans chaque pli de sa peau immaculée. Ses yeux d’un bleu glaçant aux teintes de sempiternelles raideurs balayèrent de manière rigide et désuète ce que l’Etat nommait encore dans ses rapports « rue », afin de préserver un semblant d’impression de vie élevée, ou la misère la plus noire et la plus avilissante aurait – comme dans tout monde utopique dans lequel les dirigeants se plaisent à s’imaginer – parfaitement disparue.

Jusqu'à ce que l'expression de son faciès mu en un mélange de sentiments tous en contradiction les uns avec les autres, un amour aveugle se peignit au fond de ces réceptacles oculaires habituellement si dénuées de vie qu’ils en apparaissaient que plus terne, mais ses épaules se voûtèrent de nouveau, comme sous la peur d’une futur menace, courroux qu’elle craignait d’avoir à affronter, mais aussi et surtout un léger froncement de ses sourcils, marquant une inquiétude latente face aux tempes qu’elle sentait battante chez l’homme face à elle, ne l’ayant as même remarqué tant il était occupé à déverser sa colère meurtrière.

L’une de ses mains sortit de sous les plis de sa robe couleur corbeau, aidant ainsi à s’appuyer contre le sol duquel elle se redressa avec une difficulté évidente : les coups reçus l’ayant un brin sonnée, elle se trouvait maintenant chancelante, ses genoux tremblants menaçants à tout moment de se dérober sous elle. Kathee se redit de cette manière château branlant, vers Eivind, la boîte crânienne retrouvant durant les bref enjambées qu’elle eu à faire, au creux de la paume droite de sa main, face contre elle.


« { Oh … « IL » ne va pas être content, à cause de toi on a faillit être tués et … oui je sais je … non je ne te parle pas mal … non s’il te plait je n’ai … } tu va te faire mal mon amour … Je … je suis désolée d’être ven… { Non mais comment veux-tu … Non ! Ne me coupe pas … « IL » n’aime pas lorsque tu te mêle, tais-toi ! ... mais non je … } »

Elle passait d'une conversation quasiment normale divulguée vers l’homme auquel elle s’adressait avec une déférence pleine d’amour et de soumission, pour repasser à sa boîte crânienne sans échafauder de transition, de manière abstraite, elle passait de l'un à l'autre, cela n'ayant l'air de la perturber outre mesure. Ce qu’elle nommait « mon papa » avait quand à lui le droit à des reproches craintifs, la jeune femme s’imaginant toujours qu’aucuns des deux partis ne pouvant entendre ce qu’elle divulguait à l’autre.

Son attitude quand à elle avait radicalement changée, éthérée, évasive et presque spectrale, les personnes posant sur elle leur regard se sentaient dérangées par cette jeune femme, portant la mort avec elle à chaque lieux qu’elle se rendait, mais son corps maintenant s’était rigidifié, légèrement hanché, il ne paraissait plus se mouvoir avec cette aisance paradoxale dont elle faisait preuve, lui donnant un air craintif, écrasée par la peur d’être dans un endroit ou elle avait juré de ne venir qu’en ultime recourt …





Alea jacta est
 PostPosted: Sun 19 Aug - 13:03 Reply with quote  
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  Eivind
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Totalement hermétique à l'environnement qui l'entourait, Eivind reboutonna lentement son long manteau de cuir avec la plus grande des attentions, sa canne tenant laborieusement en appuit contre sa cuisse gauche. Une fois cette préparation finie, il se saisit à nouveau de l'extremité de cette dernière avant de la faire passer au dessus de sa tête jusqu'à ce qu'elle touche son dos. Une longue pause fut ensuite observée, comme s'il prennait la pause afin que l'on puisse immortaliser ce moment. Eivind dépassé dans la colère, ne prennait même pas le temps d'apprécier la vue qui lui était donnée : un homme à genoux devant lui, la tête baissée totalement acculé sous sa toute puissance. Il n'en avait que faire ; à cette instant là, seule la satisfaction de sa colère comptait. Il fallait que le flot qui montait lentement en lui se déverse sur quelque chose pour l'engloutir. Tout contrôler était devenu dérisoire, il devait détruire ce qui s'opposait à lui. Pour protèger tout ce qu'il possédait, peut être ; ou plus simplement pour montrer à quel point il était intraitable avec ceux qui lui faisaient du tort.


Quelques soient les véritables motivations d'Eivind, elles finirent par lui faire abattre la canne. Celle-ci fendit l'air en produisant un bruit strident avant de percuter le haut du crâne du pauvre bougre qui se tenait entre elle et le sol. Un bruit d'os brisé s'éleva, suivit d'un cri de douleur et quelques halètements. L'homme était toujours en vie, mais il avait définitivement cessé de lutter pour le rester. Les deux gorilles du proxénètes qui étaient les seuls à le maintenir en équilibre, finirent par lâcher leurs emprises sur ses épaules et le laissèrent tomber lourdement sur le sol. C'est à cet instant précis que le second coup survint, plus puissant que les autres, il enfonça le pommeau de la canne profondément dans la boîte crannienne propulsant une gerbe de sang sur son propriétaire. Un flaque vermillions commença à s'étendre sous le corps inerte de l'homme laisssant flotter, à sa surface, quelques bouts de cervelles fraichement arrachés. La mort certaine de l'objet de sa colère ne poussa pas Eivind à s'arrêter, celui-ci n'était pas décider à se calmer avant que l'intégralité du crâne soit totalement évantré. Il tapa donc encore longtemps s'enfonçant toujours plus avant dans la matière cérébrale jusqu'à être totalement recouvert d'un mélange de sang et de celle-ci.


Lorsque la canne frappa enfin les pavés, produisant un son métallique assez indéfinissable, Eivind lui fit effectuer un tour afin de pouvoir reprendre le pommeau en main. Il s'appuya lentement dessus et prit enfin le temps d'observer ce qu'il venait de faire. Cela n'avait bien sûr rien de très agréable mais la vision du corps totalement défiguré fit naître un large sourire satisfait sur le visage du jeune homme qui semblait, à présent, en proie à la plus grande des sérénités. Après être resté en admiration plusieurs minutes devant ce qu'il avait coutume d'appeller ses « réalisation », il se retourna vers ses deux sbires. Ils les décrivit longuement du regard, immobile semblant réfléchir à la suite des événements. Il se redressa, ensuite, se raclant bruyemment la gorge avant de lâcher, sur un ton sec :



« Attachez moi cet abrutit sur le porte enseigne de Flighe. Je me fiche totalement de l'affilitation des clients de mes filles, s'ils consomment, ils payent. Aucune exception cette règle ne sera observée... Me suis-je bien fait comprendre? »


Les sourcils d'Eivind se froncèrent comme pour sonder plus profondémment les deux personnes qui lui faisaient à présent face. Celles-ci avaient fait un pas en arrière comme si elles craignaient une réaction violente de la part de leur interlocuteur. Malgré leur stature imposante et leurs mines patibulaires, les deux hommes semblaient en proie à une peur immense vis à vis de leur patron. Comparables à des chiens de garde parfaitement dressés, ils lui obeissaient au doigt et à l'oeil faisant des désirs d'Eivind des ordres indiscutables. Rassurés, ils s'avancèrent à nouveau avant d'être arrêter par le bras tendu de leur maitre. Il ne semblait pas en avoir totalement fini avec le corps de son infortunée victime. La jubilation avait visiblement passée et maintenant c'était avec un dégoût certain et affirmé qu'il manipulait sa canne sur le corps sans vie allongé devant lui. D'une pression sur un bouton positionné sur le manche de la canne, il fit sortir une minuscule lame à son extrémité. Ce mécanisme d'un autre temps n'avait plus de réelle utilité à l'époque où les combats s'effectuaient à grands renforts de sabres lasers ou de vibrolames. Eivind lui trouvait, cependant, toujours une utilisation nouvelle, prolongeant ainsi de manière totalement inespérée son espérance de vie. Cette fois ci, la lame servit à arracher chacun des boutons qui fermaient la chemise de l'homme afin de laisser apparaître son torse maigre, décharné. Eivind n'en tint pas compte, il avait l'habitude de voir étalée devant ses yeux toute la déchéance humaine et ce n'était pas ça qui allait l'arrêter aujourd'hui. Il posa dont la point éffilée de sa canne au dessus de la clavicule gauche de l'homme puis l'enfonça lentement. Au fur et à mesure que sa lame progressait, elle dessinait des lettres qui elles même formaient des mots écrits en vieux corrélien. Cette langue était connue dans le quartier pour être utilisée par Eivind pour passer ses messages. C'était, pour lui, la manière la plus simple et la plus efficace de signer un message. Au bout de quelques instants, il était possible de lire en lettres sanglantes : « Voici le sort réservé aux pauvres qui pensent que les charmes de mes filles sont gratuits et qui en profite sans avoir de quoi les payer ». Cette opération effectuée, Eivind recula, laissant la place à ses gorilles d'emporter le corps.


« Emmenez ça hors de ma vue, ce n'est pas bon pour les affaires... »


Le ton employé était particulièrement sec et autoritaire, le temps n'était plus à la distraction ou au plaisir ; cette altercation avait fortement nuit aux affaires en faisant fuir les clients. Plusieurs centaines de crédits potentiels avaient déjà été perdus, il ne fallait pas que ça continue. Le proxénète regarda les trois silouhettes s'éloigner avant de se retourner pour se rendre à l'intérieur du bordel afin de brieffer ses filles. C'est alors qu'il aperçut cette femme qu'il ne mit pas longtemps à reconnaître bien qu'elle fut encore assez éloignée de lui. Il s'arrêta, cligna plusieurs fois les yeux s'attendant à voir cette forme fantomatique disparaître lorsqu'il ouvrirait ses paupières à nouveau. Rien à faire, la silhouette était toujours là à chaque fois que la rue réapparaissait. L'homme secoua la tête, dépité, avant de reprendre sa marche en avant. En quelques secondes, il se retrouva devant la jeune femme, l'expression d'une émorme déception s'étant peinte sur son visage.


« Kathleenne, ma chérie, qu'est ce que tu fais là..? »


Sa main droite s'était élevée lentement, pour se poser avec une tendresse forcée sur la joue de la jeune femme dessinant progressivement des lignes ensanglantées sur la partie gauche de son visage. Il n'y croyait pas, ce n'était pas possible qu'elle soit là. Il lui avait défendu un nombre incalculable de fois de se rendre dans ce quartier. Elle ne pouvait bien sûr pas comprendre pourquoi cette partie de la ville lui était interdite mais elle n'en avait pas la nécessité. Sa présence ici ne pourrait rien apporter de bénéfique, il le savait pertinamenent. Eivind s'arrêta net, ses doigts se figeant autour de l'oreille de son épouse. Et si quelqu'un les voyait ensemble ici? Eivind l'invinsible, l'intouchable aurait dés lors un point faible ; quelque chose qu'on pourrait lui prendre et qui l'anéantirait. Ce n'était bien sûr pas vraiment le cas, dans la mesure où il n'aimait pas vraiment cette femme mais il n'en demeurait pas moins que la mort de Kathleenne mettrait un grand frein à l'agrandissement de sa fortune et ça, il ne pouvait le tolérer. Son regard était à présent pesant, comme si l'intention du jeune homme était d'écraser son interlocutrice sous son poids.


« Tu sais à quel point je déteste qu'on me désobéisse. Cet endroit n'est pas fait pour toi, je te l'ai dit une bonne centaine de fois... Tu vis dans le luxe, la plupart des habitants de cette galaxie adorerait vivre comme tu le fais. Quelle envie éprouves-tu à te mêler à toute cette misère? Bon sang, c'est incroyable! »


Ne voulant pas lui arracher l'oreille suite à un excès de colère, il décolla sa main pour la reposer sur sa canne se tenant toujours parfaitement droit. Il la dévisageait toujours, attendant une raison à sa présence pour savoir s'il était nécessaire, ou non, de la punir pour sa désobéissance.





Alea jacta est
 PostPosted: Wed 22 Aug - 02:03 Reply with quote  
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  Kathleenne
Neutre


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Joined: 14 Aug 2007
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La jeune femme avait effectués quelques pas en avant, demeurant son crâne dissimulé contre sa poitrine en un geste protecteur, et non fièrement exhibé face à elle comme elle se plaisait souvent à déambuler ainsi. Choquée encore de toute cette masse grouillante qui, vibrante de peur et alarmée de crainte c’était précipitée vers elle, son regard d’un bleu transparent traduisait plus que jamais la vétusté de la solidité psychique de Kathleenne, perdu, elle chantonnait toujours cet air mortuaire et rigide, maintenant devenu glacé tant les intonations faisaient penser à un glas prochain et sévère, donnant à cette mélopée des allures d’ultime jugement. Alambiquée, sa stature se redressait avec une douce grâce, ses os se remettant doucement dans une position beaucoup plus naturelle, elle qui était restée pendant presque dix minutes prostrée dans une position foetale afin de ne subir que peu de préjudices physiques; ses derniers d'ailleurs, se réduisant à une éraflure sanguinolente au niveau du coude droit, et quelques hématomes sur l'ensemble de ses membres postérieurs et le long de son dos qui avait percuté le sol.

Maintenant proche corporellement de Eivind, quelques mètres à peine et encore, chaque détails de la scène pouvaient lui apparaîtrent claires et précis, lui provocant une horreur frissonnante et angoissée. Sa main droite s'enserra de façon plus précise sur l'ossuaire gradé en protection, alors qu'elle se reculait, son autre main apposée contre a bouche, qu'elle tentait mentalement mais sans grand succès de tenir coit par le peu de volonté qu'elle sentait renaître sous les cendres de sa ce qui fut sa conscience. Ses talons butèrent contre un mur attenant à la scène, lui agréant une vue privilégière semblant la plonger dans un effroi palpable. Son corps se contractait, presque à se convulser chaque fois que la canne s'abattait sur la tête du malheureux, mais ... le regard habituellement si détaché de toutes choses matérielles de ce monde, même, de toutes les personnes pouvant le tapir laissaient la jeune femme parfaitement neutre, voir même placide, se muait à cette instant en un tréfonds de sentiments contradictoires, laissant simplement paraître un désarroi primaire, à la limite de l'animal tant l'inquiétude de son corps la faisait se plier comme un roseau inflexible. Des images revinrent lentement à son esprit, floppée de souvenirs contrariants et horrifiants, laissant son corps s’enrouler doucement contre les restes matériels de ce qui fut un jour son père.

Impuissante, et n’ayant certes pas l’envie de contrarier l’homme qu’elle aimait, elle l’observait répandre le mal de cet air implacable qu’elle avait déjà entraperçut plusieurs fois sur son beau visage effilé, mais cette fois ce fut comme si on tentait de lui extirper quelque chose qui longtemps avait été enfouit, un temps si long qu’elle ne pouvait pas même tenter de discerner ce que cela pouvait bien être, n’ayant pas non plus assez de stabilité mentale assez élevée pour associer et dissocier des informations qu’elle n’était plus apte à comprendre, seul l’appréhension empoignant son cœur à chaque pas que fit l’homme pour la rejoindre lui indiquait la nature profonde de son agitation et ce, même étroitement mêlée d’admiration et aussi d’un amour sans mesure.

Un frisson lui parcouru l'échine, faisant se dresser le duvet de sa peau le long de sa colonne vertébrale. La "douce" caresse de l'homme l'affligeant autant que les dures paroles qu'il lui adressait ... loin de le contredire, elle abaissa sa tête vers le sol, ses longs cheveux suivant le mouvement, elle fut vite englobée d'un rideau de soie aux teintes corbeaux, associées au reste de sa tenue, le tout ayant l'air d'un linceul mortuaire, apposé sur une femme à la carnation diaphane, laissant la lumière opalescente faire tomber cru, donnant un aspect légèrement phosphorescent à l'ensemble déjà éthéré que formait Kathleenne ... Kathee maintenant gênée qui détournait le regard de ce homme qu'elle devinait si puissant physiquement et moralement, sachant parfaitement qu'il pourrait la casser sans autre forme de procès, cela avait déjà été et ... une nouvelle fois son corps fut secouée d'une vague crainte.

Elle conserva quelques minutes le silence, respirant profondément tout en s'acculant elle-même contre le mur, dissimulant au vu de quiconque son faciès outre tombe, des intonations basses, légèrement craintives, dans lesquelles un tourment évident ressortait en même temps qu’une difficulté dialectique, formant ses mots en les cherchant un moment, peu fluide et hachée, sa réponse n’en apparue que peu claire dans le début.


« Pardonnes-moi … Je … Je … Je te jure que je ne voulais pas venir ... je { Non Père ne te mêle pas de ça je te prie ... } il ... non je ne voulais rien voir de tout ça bien sur je ... »

Ses sourcils se haussèrent en tiquant légèrement à la fois d'anxiété mais aussi d'accalmie, sérénité et malaise se mélangeant avec délice au simple contact des doigts de Eivind contre le lobe de son oreille. Sa respiration se faisant plus courte, ses réceptacles se mi-clorent quelques centièmes de secondes, simplement afin de savourer ce moment hors réalité qui lui permit aussi de se sortir d'un supplice moral trop profond pour elle, la poussant à l'extrême de sa folie. Toujours plus poussée, elle s'était sentit comme empêchée de respirer, l'imposance de son amant la contraignant plus qu'il l'aurait lui-même espérer. La peur de lui déplaire en tout point, de le dégoûter éternellement, et même de le perdre l'asservissant un peu plus chaque fois qu'il en voulait, tout les fois ou il la brimait. Enchaînée, elle se sentait pourtant vivre tout ses moments ou il lui procurait ne serait-ce qu'un geste la rassérénant, lui appartenant, car bien qu'elle ne put ne serait-ce que même se douter qu'il avait eu l'intention de lui faire mal, seule la si désuète agonie satisfaite d'un mouvement tendre à son égard lui permettait de se rattacher affectueusement à lui, se liant à lui avec beaucoup plus d'emprises amoureuses et mentales que toutes les chaînes physiques possible.

Elle se redressa quelque peu, osant une oeillade à l'iris vacillante vers le visage aimé auquel ele montra une pafaite figure d'affliction et de repentir, se sachant à l'avance coupable,et attendant ave une ataraxie assurée ce qu'il déciderait de lui infliger. Sa main reprit possession en son creux de la cavité crânienne qu'elle brandit face à ell, reprenant un style de conversation allant du crâne à Eivind, éthérée et emphatique par moment, comme si de nouveau le monde des morts et des songes, l'avaient aspirée en leurs seins, pour reprendre cette enfant de l'impalpable parmi eux, protecteurs, sont manque de cohérence avec le commun des mortels lui garantissaient l'annihilation de la peur bien rare qu'elle venait d'éprouver, lui redonnant une sorte d'assurance soumise et aimante, un peu évasive de par son caractère différent.


« { Oui mon papa, je vais expliquer je ... } Des "hommes" sont venus à la maison ... trois mais ... pas des humains des ... { non je ne crois pas que c'était des dark ... ce n'est ... } père pense que c'était des "dark" ils ... ils m'ont demandé quelque chose mais je ... { Oui mais je ne sais pas ce que c'est un nagai moi mon papa ... J ne peux pas dire ça à Eivind si je ne suis pas sûre, laisse-moi parler .... } je n'ai pas comprit et ... ils ont tué les gardes, tous et ... Seul Ethan étit encore vivant, il m'a poussée dans le souterrain et m'a dit de te ... { oui il manquait la lumière mais ce n'est pas important ... oui mais non Père ! J'y ai vu, on est sortit } Ils ont essayé de me tuer avec des ... euh ... des choses qui tiraient du feu ... Andris qu'ils m'ont dit en entrant dans la maison ... mais ... je leur ai dit que personne ne se nommait comme ça chez nous ... c'est qui "Andris" Eivind ? ... et ils ont commencé à crier en une langue étrange et ont ... ils ont tués autour un m'a saisit mais j'ai ... on m'a libérée deux secondes après ... je ne comprenait pas, on me ballottait en criant "emmener madame là-bas ! Vite ! Vite ! »

La conversation de la jeune femme se transposait à la fois pour son époux, mais aussi pour le crâne qu'elle ne manquait pas d'observer avec un regard plein d'une condescendance étrange, le câlinant du bout de ses phalanges. Elle avait en même temps évoquer ses activités sans s'emporter, débitant lentement les diverses choses dont elle se souvenait, la sensation de cette agression étant déjà à des années lumières d'elle, de ce qui pouvait l'atteindre : face à l'homme, elle se sentait parfaitement protégée ... même si elle devait subir quoique ce fut, si c'était de sa main à lui elle n'opposerait aucune résistance.

Se tournant face à ce dernier, elle demanda de façon contrite, espérant du plus profond de son coeur qu'elle ne l'avait pas trop déçu, plongeant franchement son regard dans celui de son homme, l'air malheureux et miséreux.


« Tu m’avais dit de venir en cas d’extrême urgence seulement … Père a dit que …. Je … ais-je mal fait ? Je suis désolée, que puis-je faire pour me faire pardonner je … { non tais-toi … je peux parler sans toi maintenant ! Tu ne peux donc jamais me finir parler … ? Non je ne veux pas ! } Je suis désolée Eivind … »





Alea jacta est
 PostPosted: Wed 22 Aug - 14:33 Reply with quote  
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  Eivind
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L'activité dans la rue reprit, la terreur semblait s'être dissipée immédiatement après que les bruits des impacts de la canne sur le sol ne se soient arrêtés. Comparable à une nuée d'oiseaux apeurés par la détonnation d'un coup de feu, tous s'étaient éloignés mais, poussés par une faim irracible, ils avaient finit par revenir à leur emplacement initial. Ce quartier n'était pas le centre névralgique de toutes les activités illégales pour rien, sa position géographique et sa composition ethnologique faisait de lui, un des principals lieux d'échanges de la planète et comme la misère était reine en son sein, c'est tout naturellement que le commerce de produits narcotiques et la prostitution prospérèrent. Il avait fallut quelques temps à Eivind pour mettre la main sur tout le quartier, noyant tout résistance dans une marre de sang. La pitié ne faisait pas partie de sa personnalité, il n'en avait d'ailleurs jamais ressentit pour personne. Hormis lui même, rien ne comptait vraiment et il fallait savoir qu'il n'hésitait en aucune façon à liquider quelqu'un qui ne lui était plus d'aucune utilité. L'activité principale de ce « petit paté » de maisons était donc de s'éfforcer de ne jamais décevoir le propriétaire, de toujours lui rapporter plus d'argent afin d'être épargné par sa colère.


Tout le monde était bien dressé, et déjà, les oscillations ininterrompues entre l'extérieure et l'intérieure du bordel avait reprit. Eivind observait tout ça du coin de l'oeil tout en écoutant le réçit de Kathleenne. Il avait prit l'habitude des interventions de son père et des réponses qu'elles appellaient de la part de la jeune femme. Son visage se referma un peu plus à l'évocation de l'intrusion dans sa villa. Il ne comprennait pas comment un groupe aussi restreint avait réussit à s'introduire chez lui. Il fut soulagé, ensuite, d'entendre que la plupart de ses gardes étaient morts lors de l'attaque. Cela lui évitait de les punir lui même, c'était toujours ça de gagné. Ses deux mains s'étaient refermées sur sa canne et la serraient violement alors qu'il s'éfforçait de garder un minimum de calme. Il n'avait, bien sûr jamais caché que cette villa lui appartenait, et il était courant que des personnes totalement désespérées tente de s'introduire à l'intérieur afin de dérober n'importe quoi pour se payer de quoi satisfaire leurs envies. Cette fois était pourtant différente : en effet, les intrus semblaient savoir pertinament ce qu'ils pourraient trouver chez lui et la tentative d'enlèvement de Kathleenne était une preuve accablante. Quelqu'un dans son entourage jouait un double jeu, il falait qu'il sache de qui il s'agissait.


Perdu dans ses pensées, il réflechit comme ça un moment, laissant la marée humaine se briser autout de lui et de sa compagne. Ce n'est que suite à l'impact avec un être non identifié qu'il se resaisit, secouant violement la tête. Ses esprits retrouvés, il saisit la jeune femme par le bras, sans douceur aucune et l'entraina dans une ruelle ombragée à quelques mètres de là. Une fois arrivés à destination, il colla la jeune femme contre le mur et la regarda longuement l'espressions de son visage oscillant entre la colère et le soulagement. Il s'en était fallu de peu, si ces êtres avait réussi à l'emmené, il aurait du faire une croix sur l'héritage de cette dernière. Eivind n'aurait jamais payé de rançon, c'était une question de principe. Il aurait nié l'existance d'une quelconque relation entre eux deux et l'aurait abandonné à son triste sort. Aucune preuve publique n'éxistait de leur union, le proxénète avait mit le plus grand soin à effacer toute les traces et de garder le seul exemplaire restant pour le jour où il accèderait à l'héritage. Aucune personne qui était à l'origine d'une perte d'argent ne restait en vie, cela vallait aussi pour celle qu'il avait épousé. Toutes ces considérations n'avaient, de toute façon, plus lieu d'être puisqu'elle était hors de danger. Il posa donc ses mains sur le mur entourant la tête de Kathleenne et approcha son visage du siens ne laissant que quelques centimètres entre eux.



"Il semblerait qu'il faille que je remercie Ethan pour t'avoir sauvé la vie. J'en tiendrai peut être compte au moment de le punir pour son incapacité à faire ce pour quoi je le paye..." Il esquissa ensuite un large sourire découvrant ses dents etincellantes avant d'enchainer sur un ton neutre. "Il semblerait que certaines personnes me voulant du mal sont au courant de ton existance et en veulent à ta vie. Il est hors de question que tu retourne là bas, compris? Et puis ce n'est pas vraiment ta faute... Réflechir et agir de façon sensée ne sont pas vraiment dans tes habitudes.."


Sur ces mots, il recula légèrement afin de pouvoir voir Kathleene dans son intégralité. Il déglutit avec difficulté puis soupira devant l'état lamentable dans lequel était son corps. Depuis combien de temps ne l'avait il pas vraiment regardé? Il ne s'en souvenait plus vraiment sinon il ne l'aurait pas laisser dépérir de cette manière. Il ne voulait pas qu'elle ressemble aux égéries des grandes marques de cosmétique, bien sûr mais juste qu'elle soit en mesure de porter un enfant jusqu'à son terme. Cela ne pouvait donc pas continuer comme ça, il devait la surveiller afin qu'elle puisse remplir le rôle qu'il lui avait donné. Eivind étudia donc rapidement les solutions qui se présentaient instantanément à lui. Les premières idées sont souvent les bonnes, dit on. Après deux secondes de réflexion, il inspira longuement puis lacha sechement.


"Tu vas rester ici jusqu'à nouvel ordre. Je pourrais veiller personnellement à ta sécurité comme ça..."


Il plaça ensuite son pouce et son index dans sa bouche et siffla deux fois. Une porte lattérale s'ouvrit presque instantanément et découvrit deux silhouettes féminines qui s'avancèrent vers Eivind lentement lui laissant le temps de s'éloigner légèrement de Kathleenne. Arrivées à proximité du couple, les deux femmes s'arrêtèrent. Il était facile de deviner, uniquement grâce à leur apparence, qu'elles étaient des prostituées. Cela ne semblait pas les déranger de se déplacer en sous-vêtement dans la rue exibant ainsi les nombreuses marques bleutés des précédentes colères de leur patron. L'une d'entre elle, prit la parole, parlant une langue que seul Eivind semblait comprendre, au ton employé, on pouvait voir qu'elle essayait d'être concilliante redoutant plus que tout que son maitre interprête mal ses intentions. Celui ci ne bougea pas, toujours appuyé sur sa canne et se contenta de répondre en utilisant le même language. La jeune femme ne répondit rien et resta là, prostrée tout suprise mais extrêmement soulagée d'avoir été réprimandée uniquement oralement. La seconde qui avait toujours eut l'air mal à l'aise ne broncha pas, attendant patiemment qu'Eivind leur explique la raison de leu convocation. Celui-ci finit par daigner se redresser arborant un air tout à fait détaché, il se retourna vers Kathleenne en désignant les deux femmes.


"Voici Faïna et Assalia se sont elles qui vont s'occuper de toi à partir de maintenant. Tu vivras avec les autres filles dans le grenier de ce bâtiment. Pour les autres tu seras la cousine de Faïna qui t'éberge ici à mon insu pour quelque temps. Il est donc impératif que tu reste dans le dortoir tout le temps, tu dois faire comme si je n'existais pas, compris? Il y aura en permanence une de ces deux charmantes demoiselles avec toi pour que tu ne sois jamais seule. Elle seront les seules à savoir qui tu es vraiment et si quelqu'un d'autre l'apprend elles payeront cet affront de leurs vies. Je peux compter sur toi pour être discrête le temps que je trouve un endroit plus sûr ou te faire vivre, n'est ce pas?"


Il se retourna ensuite pour faire face aux deux jeunes femmes et entâma une explication en utilisant le même language que précédemment. Sa voix était en tous points dénuée de douceur, elle se voulait même écorchante. Eivind tenait à marquer la différence entre son épouse et les deux autres comme pour leur montrer qu'il y avait un fossé entre elles et qu'il n'était pas question d'essayer de se débarasser de Kathleenne pour espérer prendre sa place. Il plongea ensuite sa main dans sa poche et en sortit deux sachets opaques qu'il jeta aux jeunes femmes négligément. Celles-ci se jetèrent parterre pour les ramasser sans aucune honte révélant à quel point elles s'étaient enfoncer dans la déchéance. Elles n'avaient déjà plus d'intérêt pour Eivind qui s'était retourné vers la rue afin d'en observer l'affluence. Il n'attendrait pas longtemps la réaction de Kathleenne, il avait d'autres choses à faire. Elle serait en sécurité avec ces deux filles, aucune raison de s'inquiéter outre mesure.





Alea jacta est
 PostPosted: Sat 25 Aug - 00:29 Reply with quote  
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  Kathleenne
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Le corps contrit près du mur contre lequel elle s'était elle-même acculée, elle n'osa déplacer son regard vers la rue qu'elle sentait se remplir à nouveau d'une activité timide, bien que déjà grouillante ... l'intrigue pointait le bout de son nez curieux dans l'encéphale de la jeune femme, mais jamais elle ne put se résoudre à redresser sa tête : cela ayant impliqué que son regard croise celui de son époux, chose qu'elle craignait à l'avance de faire, ne pouvant supporter de voir la déception poindre au fond des réceptacles oculaires de cet être tant chérit. L'atmosphère semblait s'être détendue en transparence, mais les sentiments aiguisés de Kathee détectèrent une mal aisance, ainsi qu'un fourmillement nerveux dans chaque être devant se presser au centre de la rue, comme si chacun craignait un nouvel accès de rage ... Malgré tout cela, elle put apercevoir sur le côté des femmes aux allures qui auraient choquées les bonnes mœurs de n’importe qu’elles personne présente sur cette planète … mais l’humaine ne réagissait nullement aux tenues vestimentaires peu habillées, peu communes … la quasi nudité des personnes appartenant à la gente féminine la laissant d’un marbre éthéré, tout cela ne signifiant rien pour elle. Perdu dans son monde de rêve et d’illusion, cette misère n’était pour elle qu’un aspect étrange de la vie de certaines personnes, auxquelles elle ne se mêlerait jamais ; non pas par vanité ou hauteur, mais par différence d’appartenance … personne n’entrait dans le monde tortueux de son esprit, la jeune femme était constamment classée dans une marge la satisfaisant.

Lorsqu’elle risque une œillade d’un bleu glaçant vers Eivind, seule les quelques rides provoquées par la contraction de ses traits, une agitation intérieure semblant remuer cet être qu’elle ne pouvait enlacer en public … Mais du haut de sa folie passablement affirmée, son visage dans l’expression semblait toujours enfermée dans un écrin de froideur intouchable - sorte de cocon protecteur et indestructible - se mua quelques brèves secondes en une expression touchée mais surtout pleine d’une expression aimante et soumise …le soulagement qui se glissait le long du fasciés du proxénète étant, pour elle, la démonstration bien – bien que minime – de l’amour qu’elle lui portait … Emplie d’une gratitude lui prenant le cœur, mais surtout lui assagissant l’âme … chaque fois qu’elle pensait entrevoir la preuve d’un amour après lequel elle courrait constamment, c’était avec un peu plus de servitude marital, mais surtout de passion soumise à laquelle son inconscient se pliait avec une flexibilité ineffable … rien ne pouvant jamais l’écarter de son « IL », homme quel elle accordait une confiance aveugle, lui remettant sa vie sans jamais se soucier de ce qu’il pourrait lui advenir … les châtiments qu'elle recevait de sa part étant jugés par elle amplement mérités : tout ce qu’il faisait n‘étant que pour son bien …

Perdu dans un monde transcendant la réalité, ses lèvres laissant même s’échapper quelques brides de cette mélopée si particulière dont elle ajoutait de façon régulière de nouvelles brides toujours plus macabres, transformant ce chant funèbre, voir même mortuaire, en une ode à la mort dérangeante dont chaque intonation nouvelles et graves, posées sur une ligne éthérée et pratiquement inchangeante, faisait se dresser les cheveux sur le crâne de n’importe quelle personne l’entendant. L’emprise qu’effectua Eivind sur ses membres supérieurs ne lui arracha qu’une très légère grimace, la douleur semblant s’effacer de son corps lorsque son esprit n’était plus présent consciemment dans ce dernier … ce manque de réaction se poursuivit même au moment ou il la plaqua contre le mur sans ménagement. Seul son visage – porté par les murmures bref de son chant aux morts – se redressa en sentant les mains de ce dernier autour de son crâne, plongeant ses yeux d’un bleuté transparent dans les yeux de son vis-à-vis, regard vide de toute expression humaine, simple appartenance à un ensemble formant un corps, amas d’os, de chair et de sang. Et pourtant, une conscience était présente puisque cet amas fut traversé d’un doux frisson appréciateur, la proximité étant acceptée, voir même voulu et cherchée puisque ce corps de femme s’approchait quelque peu de celui de son amant sans que ce soit parfaitement marqué, un simple frottement de vêtements, doux bruissements de tissus …

Elle écouta de cette manière semblant passive le discourt de l’homme, alors que ses mains rapprochaient contre son corps le crâne paternel, son propre corps venant encore un peu plus contre celui de son mari sans qu’elle ne réfléchisse à son acte, ce dernier n’étant prémédité que par son inconscient se sentant seul. Ouïssant le nom de Ethan, elle secoua négativement sa tête tout en la détournant ... le garde ne devait – au vu de son attitude – ne plus être en état de recevoir quoique ce fut, si ce n’est une sépulture. Elle sortit d’un coup de son mutisme lorsque certains mots firent échos dans son cerveau, lui coupant même la parole tant l’inquiétude lui assombrissant encore un peu son visage la tiraillait maintenant.


« Te voulant du mal ? Mais … mais pourquoi ? Je … { Bien sur que non voyons Père ! } Pourquoi on te voudrait du mal ? T u n’a rien fait pourtant … Je … je ne veux pas qu’on te touche, je refuse ! Tu ne peux pas rester tout seul … »

Sa tête se hocha doucement pour le reste, jamais elle n’avait contrarié le moindre des ses désirs ou même tenté de se révoltée si ce n’est pas un sujet précis : jamais il n’avait pu obtenir qu’elle se débarrassa de l’ossuaire crânien paternel … chaque fois elle s’était laissée dépérir jusqu’à ce que ce dernier lui soit restitué… quelque chose d’invisible semblant lier cet ossement à cette femme. Se tassant sur elle-même, sa main libre vint masser son ventre qu’elle sentait un peu douloureux, celui-ci d’ailleurs laissant échapper quelques gargouillements plaintifs : la faim la tiraillant depuis un moment maintenant, sa maigreur prouvant une sous-alimentation légère, bien qu’évidente si on l’observait un tant soit peu.

Son pâle visage s’éclaira cependant d’un de ses rares sourire plein de sentiment « humain », une sorte de joie primaire à peine esquissée le long de ses lèvres trop finement ourlées attestant de cet égayement éclair, ne résidant sur elle que l’espace d’un moment fantôme, sortit d’un monde auquel elle n’appartenait plus.


« Je { Père s’il te plait … j’ai à peine ouvert la bouche … Non tu ne compte pas voyons … Je … Ce n’est pas ce que j’ai dit mon papa… je voulais … } Nous allons passer unpeu plus de temps ensemble alors ? Tout les deux ? { J'ai dit non, il n'est nul besoin d'insister ! } »

Elle ne sentit pas le fait qu’il s’espace d’elle, occupée à observer le crâne qu’elle avait de nouveau portée à hauteur d’yeux, l’air un brin contrariée, perdu dans une dispute qu’elle seule était en mesure de comprendre … seule le sifflement strident qu’il produisit lui occasionna un léger soubresaut, tout son corps réagissant à la surprise qui la sortit pour quelques minutes de sa torpeur … une fois encore ses yeux tombèrent sur ses créatures qu’elle ne pensa pas même à juger, s’écartant simplement afin de se dissimuler un peu dans l’obscurité, habituée à devoir s’écarter en cas de rencontres imprévues : Eivind lui ayant longuement expliqué qu’elle se devait de ne pas se montrer pour leur sécurité respective, elle prenait bien soin de disparaître, avec lui, aux yeux du monde afin de ne pas lui nuire en quoique ce fut. Suivant l’entretient en se faisant le plus petite qu’elle pouvait, lorsqu’il lui parla elle sortit avec un air curieux en observant les femmes auxquelles elle présenta son visage désincarnée de toute agitation sentimentales, ressemblant à ces comptes de morts. vivants que l’on entendait parfois narrer pour faire peur aux petits enfants.

« Mais … nous serons séparés pour long… {bien sur que oui voyons … je n’oublierais pas … } …temps ? Encore … ? Et … Je garde Père ! »

Un regard de dégoût posé sur le squelette lui avait fait collé l’ossuaire contre sa poitrine dans un geste de défense mais aussi de protection, comme si elle eut peur que l’on lui arrache ou bien qu’on lui vole … Elle ne se détendit qu'en entendant le reste, mais ce fut surtout une nouvelle curiosité qui la poussa à observer la drogue qui avait été jetée à terre, observant cela avec un petit sourire interrogateur, la déchéance dans laquelle les deux femmes se plongeaient en se précipitant dessus ne lui paraissait pas telle quelle : les profondeurs abyssales de l’âme humaine et de ses penchants ne lui apparaissant jamais comme quelque chose de proscrit, mais plutôt comme une de ses choses dont elle était hermétiquement séparée pour son bien.

« C’est de la farine … ? Mais il n’y en a pas assez pour faire quoique ce soit … { Non pas du pain papa … il en faut plus je crois … } Vous aimez la farine sans rien d’autre ? »





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